Les séries créent-elles des masses abruties, conformistes et dociles ?

18870-the-walking-dead-the-walking-dead
Oui, évidemment ! Oui, oui et encore oui, 100 000 fois oui !
Lorsque je sors enfin de chez moi, tel un zombie en quête de nourriture, après un marathon Seinfeld ou Fringe, je suis à peine capable d’exprimer quelques borborygmes, j’ai totalement perdu toute conscience de mon identité, de mon individualité, voire de mon humanité.
Je croise les ombres d’autres corps, probablement des congénères eux aussi décérébrés, aveuglés par la lumière du jour, tout comme moi, et qui se presse de rentrer dans leur tanière.
Personnalité, zéro ; conscience politique, zéro ; activité cérébrale, tracé plat.

Continuer

Les séries nous rendent-elles heureux ?

The Office - Season 9
Question saugrenue, je vous l’accorde. Et pourtant…
Vu le temps que l’on peut passer devant certaines d’entre elles, vu les années, voire les décennies, que l’on passe à mûrir avec elles, peut-être la question mérite-t-elle d’être posée !
La première réponse que l’on peut apporter, la plus évidente, est celle qui met en lumière le plaisir que l’on peut ressentir.

Continuer

South Park et la morale

South-Park-Eric-Cartman[1]
Cet article a aussi été publié ici en format PDF.

Introduction

La série animée South Park se caractérise dès les premiers regards par le caractère rudimentaire de son animation, la vulgarité de ses dialogues et la violence qu’elle met en scène. Durant une vingtaine de minutes, humour scatologique, situations sexuellement embarrassantes et grossièretés en tout genre se mêlent au détournement de l’antisémitisme, autant que des stars, des institutions ou des débats de société. Rien ne semble pouvoir être épargné par ce rouleau compresseur de l’irrévérence. Pourtant, invariablement, un quatrième élément vient compléter la recette de cette production médiatique : une morale.
Continuer

Friday Night Lights, un patriarcat en l’absence des pères

Panthers-friday-night-lights-4533983-2560-1707
Friday Night Lights est une série intéressante à plus d’un titre. C’est le pilote le plus emballant que j’ai eu à voir de ma vie, les personnages sont attachants et très bien incarnés, et puis la manière dont le personnage de Jason Street est traitée me parait particulièrement positive. Elle a néanmoins énormément de défauts également, dont le plus évident est de n’avoir pas été à la hauteur de la promesse que constituait son pilote.
C’est cependant sur le propos que je voudrais m’attarder ici. Il me semble qu’un thème traverse, en effet, l’ensemble de la série : la question des pères. Parmi les nombreuses difficultés que rencontrent les jeunes joueurs du Coach Taylor, l’absence et les nombreux manquements de leurs pères respectifs en forment la pierre angulaire. Face à ce vide, et quoique élevés par leur mère (droguée ou simplement dépassée), grand-mère (sénile) ou grand frère (immature), ces adolescents manquent de modèle pour devenir des hommes dignes de ce nom.
Continuer

Mon Dexter, ce super-héros.

dexter_06
« Dexter » s’inscrit dans le sous-genre des récits de super-héros : une double identité/vie, une blessure originelle, un territoire (ville), un délitement moral et social, avec en tête les ratés de la justice, exigeant l’intervention d’un homme providentiel, le danger que tout attachement de sa part fait courir à ses proches, un discours confrontant en permanence la loi des hommes et celle d’un seul (code de Harry), … mais aussi, un développement minimal des enquêtes et des personnages secondaires, le caractère spectaculaire de certains super-vilains, le fait que les proches, tout comme les civils et les victimes, ne servent jamais que de prétextes narratifs.
Continuer