Les séries doivent-elles refléter le réel ou satisfaire nos fantasmes ?

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Lorsqu’on est un peu sensibilisé aux questions de la représentation des femmes, des étrangers ou des homosexuels, par exemple, dans les mass-média, la tentation est grande de voir en permanence dans les séries la perpétuation de stéréotypes en tout genre.
Qu’il s’agisse de représentations positives, comme « la bonne mère », « le gay créatif », ou négatives, comme « la petite frappe latino » ou « l’ex dérangée », la crainte est grande de voir ces images plaquées telles quelles sur des individus bien réels.
On aurait dès lors tendance à exiger de nos fictions un plus grand réalisme.
Pourtant, depuis la nuit des temps, la reprise sous forme sans cesse renouvelée des mêmes archétypes empruntés aux récits bibliques, mythologiques ou aux contes populaires semble démontrer leur caractère universel et éternel.

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Les séries les plus courtes sont-elles les meilleures ?

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Depuis quelque temps, la tendance se dessine de plus en plus en faveur de séries courtes. Est-ce l’influence de séries anglaises à succès comme Downton Abbey ou Sherlock ou bien la volonté de réduire les risques ou de renforcer le propos ?
Toujours est-il que les séries de 10, 8, 6, voire parfois 3 épisodes apparaissent de plus en plus souvent.
Mais cela garantit-il une meilleure qualité des séries en question ?
Les exemples anglais donnés plus haut, ou même les séries HBO d’une dizaine d’épisodes par saison depuis longtemps déjà, pourraient nous amener à penser qu’il s’agit en effet d’une formule garantissant de meilleures fictions.

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Les séries sont-elles éducatives ?

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Depuis une vingtaine d’années et les séries comme Urgence ou New York District, qui nous plongent d’une manière qui se veut très réaliste dans l’univers et le jargon médical, judiciaire ou autre, on a souvent tendance à penser que regarder certaines séries nous apprennent des choses.

Les termes comme « Lupus », « tachycardie » ou « charge de la preuve » n’ont plus de secret pour nous, en tout cas en apparence.

Portant, médecins ou policiers sont souvent beaucoup plus critiques sur l’intérêt et la fiabilité des informations en question, et l’apparent réalisme de la réalisation risque de donner une illusion de vérité bien plus grande que ce qu’il nous permet réellement de maitriser et comprendre.

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Les séries doivent-elles être morales ?

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En ces temps anti-idéologiques et anti-moralistes, on serait assez tenté de répondre non sur le ton de l’évidence.
D’ailleurs, pourraient ajouter certains, n’est-ce pas déjà le cas vu le nombre d’anti-héros qui peuplent nos petits écrans.
Il faudrait cependant ici ne pas se tromper de sujet. Ce n’est pas parce qu’une série propose un anti-héros qu’elle est forcément immorale.
Au contraire même; ce genre de personnages présente souvent l’occasion de revisiter en profondeur les valeurs qui fondent notre société, soit pour les ajuster à notre temps, soit pour les réaffirmer en montrant la chute de ceux qui ne les respectent pas.

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Est-il possible de critiquer une série ?

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Euh ! Il aurait peut-être fallu que je me pose la question plus tôt, non ?
Tout le principe de cette émission repose sur le présupposé que les séries peuvent être jugées, jaugées, bref soumises à la critique. Or, admettons-le tout de suite, mes goûts ne sont pas les vôtres.
De plus, je sais combien mon appréciation est soumise aux circonstances.
En fonction de la personne qui me l’a conseillée, de l’attente que j’en ai, de la difficulté que j’ai eu à ma la procurer, de la chaine qui la diffuse, des noms, plus ou moins reconnus, d’acteurs, créateurs ou producteurs qui me renvoient à d’autres séries, aimées ou pas, du moment de l’année de la semaine ou de la journée, de mon humeur du moment, bref, en fonction d’une série de critères qui n’ont rien à voir avec les qualités ou les défauts de la série elle-même, je pars toujours avec un bagage lourd d’a priori, d’espoir et d’expériences vécues.

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Les séries sont-elles des œuvres d’art ?

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Il existe, en fait, plusieurs façons de répondre à cette question en fonction de ce qu’on entend par « art ».

Si l’art est entendu au sens d’un savoir-faire qui se travaille et s’exerce par des professionnels, alors on peut en effet constater que les séries sont l’œuvre d’une manière d’écrire, de raconter des histoires, de filmer des ambiances, de mettre en place des univers, qui s’apprend et s’affine au cours du temps.

Bien sûr, tous les professionnels du milieu ne se valent pas et, comme dans toute activité humaine, certains subliment leur art quand d’autres ne feront jamais que le servir.

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Les séries sont-elles sexistes ?

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Bon. On va commencer par admettre que cette question n’a pas beaucoup de sens.
Ça signifie quoi, être sexiste ?
Et puis, peut-on faire des généralités sur « les séries » alors qu’il en existe une telle diversité ?
Ceci étant posé, plusieurs pistes de réflexion méritent néanmoins d’être soulevées.
Tout d’abord, la fiction télévisée s’est depuis toujours construite autour d’une opposition genrée entre, d’un côté, les séries pour femmes, avec le soap-opera en exemple le plus typique, diffusé plutôt l’après-midi et concentrant ses intrigues sur les difficultés de couple et familiales, et, de l’autre côté, les séries « masculines », toujours considérées comme supérieures en qualité et proposant des intrigues bouclées et des problématiques autour de la sphère publique.

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Les séries sont-elles le miroir de la réalité ?

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Non
Bon, ben, elle était facile celle-là ! Voilà…
En même temps, imaginez un peu à quoi ressemblerait un monde tel que le reflètent les séries : les tueurs et sociopathes en tout genre ne seraient plus l’exception mais une partie conséquente de la population, les phénomènes paranormaux seraient légion en en deviendraient banals, la vie quotidienne serait jalonnée de rebondissements invraisemblables au point qu’on n’en aurait plus le temps de dormir ou de s’alimenter, ne parlons même pas de se détendre.
D’un autre côté, sans doute la vie professionnelle serait-elle plus passionnante, même si elle consisterait pour la plupart d’entre nous à des fonctions d’aide, de soin ou d’ordre public ; sans doute nos vies sentimentales seraient-elles plus tumultueuses ; pour sûr nous serions tous beaux et aurions des personnalités à la fois originales et affirmées.

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Les séries peuvent-elles changer les mentalités ?

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Ben oui ! Mais pourquoi pas ! Et puis, elles vont résoudre le conflit israélo-palestinien et la faim dans le monde aussi !
Non mais, sérieux, c’est quoi ces questions ?! J’me fatigue parfois, j’vous jure !
Bon, c’est vrai, depuis que j’ai vu Breaking Bad, je regarde avec amour le petit dealer et je me dis que, franchement, il a de l’avenir…
Et puis, Dexter m’a ouvert les yeux sur le rôle social des psychopathes, tandis que les Sopranos m’ont permis d’entre en empathie avec les difficultés du chef mafieux… Toutes choses dont je n’avais aucune idée !
C’est vrai, si on savait à quel point il est difficile d’être méchant, peut-être pourrait-on tous se prendre par la main dans une grande chaine d’amour fraternel !
J’en ai la larme à l’œil ! Pas vous ?

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Les séries créent-elles des masses abruties, conformistes et dociles ?

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Oui, évidemment ! Oui, oui et encore oui, 100 000 fois oui !
Lorsque je sors enfin de chez moi, tel un zombie en quête de nourriture, après un marathon Seinfeld ou Fringe, je suis à peine capable d’exprimer quelques borborygmes, j’ai totalement perdu toute conscience de mon identité, de mon individualité, voire de mon humanité.
Je croise les ombres d’autres corps, probablement des congénères eux aussi décérébrés, aveuglés par la lumière du jour, tout comme moi, et qui se presse de rentrer dans leur tanière.
Personnalité, zéro ; conscience politique, zéro ; activité cérébrale, tracé plat.

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