Les séries sont-elles des œuvres d’art ?

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Il existe, en fait, plusieurs façons de répondre à cette question en fonction de ce qu’on entend par « art ».

Si l’art est entendu au sens d’un savoir-faire qui se travaille et s’exerce par des professionnels, alors on peut en effet constater que les séries sont l’œuvre d’une manière d’écrire, de raconter des histoires, de filmer des ambiances, de mettre en place des univers, qui s’apprend et s’affine au cours du temps.

Bien sûr, tous les professionnels du milieu ne se valent pas et, comme dans toute activité humaine, certains subliment leur art quand d’autres ne feront jamais que le servir.

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Les séries sont-elles sexistes ?

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Bon. On va commencer par admettre que cette question n’a pas beaucoup de sens.
Ça signifie quoi, être sexiste ?
Et puis, peut-on faire des généralités sur « les séries » alors qu’il en existe une telle diversité ?
Ceci étant posé, plusieurs pistes de réflexion méritent néanmoins d’être soulevées.
Tout d’abord, la fiction télévisée s’est depuis toujours construite autour d’une opposition genrée entre, d’un côté, les séries pour femmes, avec le soap-opera en exemple le plus typique, diffusé plutôt l’après-midi et concentrant ses intrigues sur les difficultés de couple et familiales, et, de l’autre côté, les séries « masculines », toujours considérées comme supérieures en qualité et proposant des intrigues bouclées et des problématiques autour de la sphère publique.

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Les séries sont-elles le miroir de la réalité ?

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Non
Bon, ben, elle était facile celle-là ! Voilà…
En même temps, imaginez un peu à quoi ressemblerait un monde tel que le reflètent les séries : les tueurs et sociopathes en tout genre ne seraient plus l’exception mais une partie conséquente de la population, les phénomènes paranormaux seraient légion en en deviendraient banals, la vie quotidienne serait jalonnée de rebondissements invraisemblables au point qu’on n’en aurait plus le temps de dormir ou de s’alimenter, ne parlons même pas de se détendre.
D’un autre côté, sans doute la vie professionnelle serait-elle plus passionnante, même si elle consisterait pour la plupart d’entre nous à des fonctions d’aide, de soin ou d’ordre public ; sans doute nos vies sentimentales seraient-elles plus tumultueuses ; pour sûr nous serions tous beaux et aurions des personnalités à la fois originales et affirmées.

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Les séries peuvent-elles changer les mentalités ?

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Ben oui ! Mais pourquoi pas ! Et puis, elles vont résoudre le conflit israélo-palestinien et la faim dans le monde aussi !
Non mais, sérieux, c’est quoi ces questions ?! J’me fatigue parfois, j’vous jure !
Bon, c’est vrai, depuis que j’ai vu Breaking Bad, je regarde avec amour le petit dealer et je me dis que, franchement, il a de l’avenir…
Et puis, Dexter m’a ouvert les yeux sur le rôle social des psychopathes, tandis que les Sopranos m’ont permis d’entre en empathie avec les difficultés du chef mafieux… Toutes choses dont je n’avais aucune idée !
C’est vrai, si on savait à quel point il est difficile d’être méchant, peut-être pourrait-on tous se prendre par la main dans une grande chaine d’amour fraternel !
J’en ai la larme à l’œil ! Pas vous ?

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Les séries créent-elles des masses abruties, conformistes et dociles ?

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Oui, évidemment ! Oui, oui et encore oui, 100 000 fois oui !
Lorsque je sors enfin de chez moi, tel un zombie en quête de nourriture, après un marathon Seinfeld ou Fringe, je suis à peine capable d’exprimer quelques borborygmes, j’ai totalement perdu toute conscience de mon identité, de mon individualité, voire de mon humanité.
Je croise les ombres d’autres corps, probablement des congénères eux aussi décérébrés, aveuglés par la lumière du jour, tout comme moi, et qui se presse de rentrer dans leur tanière.
Personnalité, zéro ; conscience politique, zéro ; activité cérébrale, tracé plat.

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Les séries nous rendent-elles heureux ?

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Question saugrenue, je vous l’accorde. Et pourtant…
Vu le temps que l’on peut passer devant certaines d’entre elles, vu les années, voire les décennies, que l’on passe à mûrir avec elles, peut-être la question mérite-t-elle d’être posée !
La première réponse que l’on peut apporter, la plus évidente, est celle qui met en lumière le plaisir que l’on peut ressentir.

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South Park et la morale

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Introduction

La série animée South Park se caractérise dès les premiers regards par le caractère rudimentaire de son animation, la vulgarité de ses dialogues et la violence qu’elle met en scène. Durant une vingtaine de minutes, humour scatologique, situations sexuellement embarrassantes et grossièretés en tout genre se mêlent au détournement de l’antisémitisme, autant que des stars, des institutions ou des débats de société. Rien ne semble pouvoir être épargné par ce rouleau compresseur de l’irrévérence. Pourtant, invariablement, un quatrième élément vient compléter la recette de cette production médiatique : une morale.
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Friday Night Lights, un patriarcat en l’absence des pères

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Friday Night Lights est une série intéressante à plus d’un titre. C’est le pilote le plus emballant que j’ai eu à voir de ma vie, les personnages sont attachants et très bien incarnés, et puis la manière dont le personnage de Jason Street est traitée me parait particulièrement positive. Elle a néanmoins énormément de défauts également, dont le plus évident est de n’avoir pas été à la hauteur de la promesse que constituait son pilote.
C’est cependant sur le propos que je voudrais m’attarder ici. Il me semble qu’un thème traverse, en effet, l’ensemble de la série : la question des pères. Parmi les nombreuses difficultés que rencontrent les jeunes joueurs du Coach Taylor, l’absence et les nombreux manquements de leurs pères respectifs en forment la pierre angulaire. Face à ce vide, et quoique élevés par leur mère (droguée ou simplement dépassée), grand-mère (sénile) ou grand frère (immature), ces adolescents manquent de modèle pour devenir des hommes dignes de ce nom.
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Mon Dexter, ce super-héros.

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« Dexter » s’inscrit dans le sous-genre des récits de super-héros : une double identité/vie, une blessure originelle, un territoire (ville), un délitement moral et social, avec en tête les ratés de la justice, exigeant l’intervention d’un homme providentiel, le danger que tout attachement de sa part fait courir à ses proches, un discours confrontant en permanence la loi des hommes et celle d’un seul (code de Harry), … mais aussi, un développement minimal des enquêtes et des personnages secondaires, le caractère spectaculaire de certains super-vilains, le fait que les proches, tout comme les civils et les victimes, ne servent jamais que de prétextes narratifs.
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